Comment bien choisir son matcha ?
Vous avez décidé de vous mettre au matcha. Ou peut-être que vous en buvez déjà depuis un moment, mais que vous avez le sentiment de ne pas avoir trouvé le bon. Dans les deux cas, vous êtes au bon endroit. Parce que choisir un matcha, ce n'est pas comme choisir un sachet de thé au supermarché. Il y a des grades, des provenances, des cultivars, des usages différents… et se tromper, c'est risquer de boire un truc amer et poussiéreux en se disant "finalement, le matcha, c'est pas pour moi". Ce serait dommage.
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Le grade : cérémonie ou culinaire ?
C'est la première distinction à comprendre et probablement la plus importante. Le matcha de cérémonie (ou "ceremonial grade") est un matcha de haute qualité, conçu pour être bu tel quel, mélangé à de l'eau chaude avec un fouet en bambou. C'est la version pure, celle qu'on déguste au Japon depuis des siècles pendant la cérémonie du thé. Son goût est doux, rond, avec des notes umami et très peu d'amertume. Sa couleur est un vert vif, presque lumineux.
Le matcha culinaire, c'est un matcha pensé pour la cuisine et les boissons mélangées : matcha lattes, smoothies, pâtisseries, glaces… Son goût est plus prononcé, plus végétal, parfois un peu plus amer, justement pour que sa saveur persiste quand on le mélange à du lait, du sucre ou d'autres ingrédients. Sa couleur est généralement un vert un peu plus sombre.
L'erreur classique du débutant, c'est de boire un matcha culinaire dans de l'eau chaude et de trouver ça infect. Normal : ce n'est pas fait pour ça. C'est un peu comme goûter du cacao pur en poudre en espérant retrouver le goût d'un chocolat chaud. Le produit est bon, mais l'usage n'est pas le bon.
La provenance : pourquoi le Japon fait la différence
On va être directs : si votre matcha ne vient pas du Japon, il y a de grandes chances que ce ne soit pas vraiment du matcha. Le vrai matcha est fabriqué à partir de feuilles de Tencha, un thé vert cultivé à l'ombre pendant les semaines précédant la récolte, puis lentement moulu sur pierre. Ce processus est bien respecté et très spécifique au Japon et c'est lui qui donne au matcha sa couleur vive, son goût umami et sa richesse en L-théanine. Alors oui, on trouve aussi du matcha chinois parfois, mais en général, la qualité est bien moindre (et le prix également).
Les principales régions productrices sont Uji (Kyoto), Kagoshima (sud du Japon), Shizuoka et Mie. Chacune a ses particularités de sol, de climat et de savoir-faire, un peu comme les terroirs viticoles en France. Un matcha de Kagoshima n'aura pas exactement le même profil qu'un matcha de Uji, et c'est ce qui rend les choses passionnantes.
Les poudres vertes vendues comme "matcha" mais produites en Chine ou ailleurs sont généralement fabriquées à partir de feuilles de thé vert ordinaires, broyées industriellement. Le résultat est visuellement similaire, mais le goût, la texture et les bienfaits n'ont rien à voir. C'est la différence entre un Champagne et un vin pétillant générique : l'un est le fruit d'un terroir et d'un savoir-faire, l'autre est juste… des bulles.
La couleur : un indicateur fiable
La couleur de votre matcha en dit long sur sa qualité. Un matcha de qualité présente un vert vif, lumineux, presque fluorescent. Ce vert intense est le signe d'une forte teneur en chlorophylle, elle-même liée à la culture à l'ombre qui stimule la production de ce pigment dans les feuilles.
Si votre matcha tire vers le jaune-vert, le vert olive ou le vert terne, c'est mauvais signe. Ça indique soit une qualité inférieure, soit une poudre qui a été mal conservée et qui s'est oxydée, soit des feuilles qui n'ont pas été cultivées à l'ombre comme elles auraient dû l'être. Dans tous les cas, le goût sera décevant et les bienfaits réduits.
Le goût : umami, douceur et amertume
Un bon matcha de cérémonie doit avoir un goût umami prononcé. Ce cinquième goût, difficile à décrire si on ne l'a jamais identifié, s'apparente à une saveur ronde, profonde, légèrement sucrée et végétale. C'est ce qui distingue un matcha d'exception d'un matcha médiocre.
L'amertume, contrairement à ce que beaucoup pensent, n'est pas une caractéristique souhaitable dans un matcha de cérémonie. Si votre matcha est amer au point de vous faire grimacer, c'est soit que la qualité n'est pas au rendez-vous, soit que l'eau était trop chaude (jamais au-dessus de 80°C !), soit que vous avez mis trop de poudre. Un matcha bien choisi et bien préparé, ça se boit avec plaisir, sans sucre, sans lait, sans rien.
Cela dit, l'amertume est une question de culture et de préférence. Au Japon, certains amateurs apprécient un matcha plus amer et plus corsé, et il existe d'excellents matchas dans ce registre. Mais si vous débutez ou si vous avez un palais européen habitué à des saveurs plus douces, commencez par un matcha rond et accessible avant d'explorer les profils plus intenses.
La finesse de la poudre
Un détail qui n'en est pas un : la texture de la poudre. Un matcha de qualité est moulu sur pierre de granit, un processus lent (environ 40 grammes par heure pour une meule) qui produit des particules extrêmement fines, de l'ordre de 5 à 10 microns. C'est cette finesse qui donne au matcha sa texture soyeuse en bouche et sa capacité à produire une belle mousse crémeuse au fouettage.
Si votre poudre est granuleuse, qu'elle forme des grumeaux difficiles à dissoudre ou qu'elle laisse un dépôt au fond du bol, c'est que la mouture n'est pas assez fine. Et une mouture grossière, c'est souvent le signe d'une production industrielle qui privilégie la quantité à la qualité.
Quel matcha choisir selon votre utilisation ?
Pour une dégustation traditionnelle
Si vous voulez vivre l'expérience du matcha dans sa forme la plus pure, avec un fouet en bambou et de l'eau chaude, il vous faut un matcha de cérémonie. C'est le grade le plus élevé, celui qui offre la douceur, l'umami et la complexité aromatique nécessaires pour être apprécié seul.
Chez Maïdo, Mei-san est notre matcha de cérémonie le plus doux et le plus accessible. Son profil rond, avec des notes florales et chocolatées, en fait le compagnon idéal pour ceux qui découvrent le matcha ou qui veulent un bol tout en douceur. Si vous préférez quelque chose de plus intense et plus enveloppant, Daichi-san offre un caractère plus affirmé avec une belle puissance végétale. Deux personnalités différentes, deux façons de commencer la journée.
Pour des matcha lattes et des recettes
Si votre truc c'est le matcha latte du matin, les smoothies verts ou les gâteaux au matcha, un matcha culinaire de qualité est ce qu'il vous faut. Il est conçu pour que sa saveur résiste au mélange avec du lait, du sucre ou d'autres ingrédients, là où un matcha de cérémonie perdrait toute sa subtilité.
Notre Kaori-san est pensé exactement pour ça. Son goût végétal équilibré apporte du corps à vos recettes sans tout dominer, et sa couleur tient magnifiquement bien même dans un latte. Et contrairement à beaucoup de matchas culinaires sur le marché, c'est un matcha japonais de qualité, pas une poudre verte générique.
Pour les débutants qui ne savent pas encore
Et si vous ne savez absolument pas par où commencer, c'est normal. On est tous passés par là. La meilleure approche, c'est de goûter plusieurs profils pour comprendre ce qui vous plaît. C'est exactement pour ça qu'on a créé nos packs de démarrage : vous recevez plusieurs matchas différents (et un fouet si vous prenez le pack complet), vous goûtez, vous comparez, et vous trouvez votre favori. C'est la méthode la plus fiable, et aussi la plus agréable.
Les erreurs à éviter quand on choisit son matcha
Se fier uniquement au prix. Un matcha à 5€ les 100 grammes, c'est un signal d'alarme. La production de vrai matcha japonais est lente, artisanale et coûteuse. En dessous d'un certain prix, il y a forcément un compromis quelque part : provenance douteuse, feuilles de moindre qualité, mouture industrielle. Mais l'inverse est aussi vrai : un prix élevé ne garantit pas automatiquement la qualité. Certaines marques surfacturent largement pour du matcha moyen. Le mieux, c'est de se fier aux critères objectifs qu'on vient de détailler.
Ignorer la conservation. Le matcha est un produit vivant qui s'oxyde au contact de l'air, de la lumière et de la chaleur. Même le meilleur matcha du monde deviendra terne et amer s'il est mal conservé. Gardez-le au réfrigérateur dans un contenant hermétique et opaque, et consommez-le dans les semaines qui suivent l'ouverture. Un matcha qui traîne dans un placard depuis six mois, c'est un matcha qui a perdu l'essentiel de ce qui le rendait bon.
Acheter "du matcha" sans se poser de questions. "Matcha" n'est pas une appellation protégée. N'importe qui peut coller cette étiquette sur n'importe quelle poudre verte. Vérifiez toujours la provenance (Japon, idéalement avec la région précisée), le type de feuilles (Tencha), et si possible le cultivar utilisé. Plus une marque est transparente sur l'origine de son produit, plus vous pouvez lui faire confiance.
Vous hésitez encore ? Faites le quiz
Si après tout ça vous hésitez toujours (et c'est tout à fait normal, on ne choisit pas son matcha comme on choisit ses chaussettes), on a préparé un quiz rapide juste au-dessus. Quelques questions sur vos goûts, vos habitudes et ce que vous recherchez, et on vous oriente vers le matcha Maïdo qui vous correspond le mieux. C'est rapide, c'est gratuit, et ça vous évitera de tourner en rond devant l'écran pendant une demi-heure. On a tous mieux à faire, comme se préparer un bon bol de matcha par exemple.
